22 – Une nouvelle sur la prostitution étudiante

« Ceci est une nouvelle et une fiction. Elle s’intéresse à un phénomène bien réel et tente, par des moyens littéraires, de le rendre intelligible. Tous les discours et tous les chiffres du monde ne peuvent pas transmettre la violence brute des sentiments humains; les victimes, quand on les réduit à un ensemble statistique, perdent vie et deviennent néant. La nouvelle, le roman et la fiction permettent au contraire de les comprendre, en toute humanité. »

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Silence. Une chambre banale de désordre, plongée dans la pénombre. Un rais de lumière jaune glisse entre les volutes orange et élimés des rideaux; il éclaire, en travers, un bureau, une poubelle presque pleine et un lit défait. L’atmosphère de la pièce ressemble à celle de toutes les pièces vides; la poussière repose immobile sur les surfaces, les câbles électroniques s’enroulent en pelotes, une unique lumière, celle de la multi-prise, s’entête à dresser son rouge contre le jaune pâle de l’extérieur. Le silence donne à la chambre l’apparence d’une crypte moderne.

Le bruit d’une clé qu’on insère, difficilement, en tâtonnant. Une masse s’écrase contre la porte et un bruit étouffé – un rire, un sanglot? – éclate de l’autre côté. La serrure et la poignée, enfin, tournent d’un seul mouvement. La porte s’ouvre sans bruit.

Une femme jeune tient un jeune homme par la main. L’homme rit, jette ses clés de manière théâtrale, d’un geste ample, avant d’esquisser une sorte de révérence. Il s’apprête à allumer la lumière mais la femme lui dit « Non, vient plutôt ici ». S’exécutant de bonne grâce, les mains du jeune homme trouvent les hanches de la jeune femme; les lèvres, solidaires, se posent sur une joue, découvrent une épaule dénudée et finissent par s’unir à leurs doublures féminines.

La lumière jaune, que vomissent sans intermittence les lampadaires du dehors, est braquée comme un projecteur sur le couple en fusion. Elle s’écoule sur la robe échancrée de la jeune femme et trouve à se refléter dans les cheveux bruns du jeune homme. Le baiser s’est depuis longtemps transformé en acrobaties buccales. Les doigts des deux amants se font arpenteur, la peau dégagée ou cachée s’offre comme un continent à explorer, à goûter, à vivre.

Sleeping Beauty - Un film de Julia Leigh, où une jeune étudiante, qui cumule les petits boulots, intègre un mystérieux réseau pour offrir ses services à des personnes fortunées désireuses d'érotisme.

Sleeping Beauty – Un film de Julia Leigh, où une jeune étudiante, qui cumule les petits boulots, intègre un mystérieux réseau pour offrir ses services à des personnes fortunées désireuses d’érotisme.

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Rassemblement Pro-choix et la nécessaire poursuite de la lutte pour le droit à l’avortement

Pour la seconde année consécutive ce 30 mars 2014, la plateforme pro-choix a su mobiliser quelques centaines de personnes pour un rassemblement place Poelaert en réponse à celui planifiée par les pro­vies qui se tenait non loin au Mont des Arts. Nous étions présent.e.s afin de défendre le droit à l’avortement libre et gratuit sans restriction pour les femmes de tous  âges, de toutes origines et de toutes franges socio­culturelles. Nous dénonçons les mesures d’austérité qui empêchent celles qui le désirent de devenir mères. Nous revendiquons un accès à une contraception libre et gratuite, à une  meilleure information et à des crèches publiques. Nous prônons la  liberté des femmes à disposer pleinement de leur corps et de leur vie.

Cette action était l’occasion de nous exprimer aussi, étudiantes et militantes, sur cette lutte incontournable du combat féministe :

« En tant que représentes des MALFRAP, la Commission Femmes non mixte du syndicat étudiant U.S.E., une commission Femmes engagée afin de lutter contre toutes les formes de violence dont sont victimes les femmes dans la société, nous avons aujourd’hui l’occasion de nous exprimer sur le droit à l’avortement, l’une des causes qui nous est chère.

En tant qu’étudiantes, notre position est particulière, nous n’avons pour la plupart jamais eu d’enfant et il est vrai qu’il nous est donc difficile de parler d’une quelconque expérience dans la maternité. Cependant, nous ne sommes pas moins aptes à parler du sujet de l’avortement car nous pouvons potentiellement tomber enceinte et tomber un jour dans ce dilemme énorme qu’est la question d’avorter ou non.
Notre position à ce sujet est sans équivoque : nous prônons le droit à l’avortement sans restriction pour femmes de tous âges, de toutes origines, et de toutes franges socio-culturelles. Si nous nous battons pour ce droit, c’est parce que nous avons la conviction que le droit des femmes passe par leur droit de disposer de leur corps.

Des militants pro-vie se réunissent en ce moment même au Mont des Arts pour empêcher que les femmes aient ce droit. Ce qu’ils n’ont pas compris, c’est que nous aussi nous nous battons pour la vie, nous sommes aussi des « pro-life », à notre façon. Mais nous ne nous battons pas pour la vie à n’importe quel prix, mais pour celle respectée dans sa dignité et son intégrité physique comme psychologique.
La femme n’est-elle pas elle aussi un être vivant? Cette vie que nous défendons, nous croyons qu’elle a le droit à la parole, à la visibilité, au droit d’exister et de se protéger lorsqu’un événement lui tombe dessus et met en péril cette dignité et cette intégrité pré-citées. Nous pensons que cette vie, cet être vivant que l’on tend à oublier dans le débat, s’appartient à elle-même, et qu’aucune autre vie arrivée, par accident certes, n’a le droit de parasiter la première. Le mot utilisé est fort, mais c’est ainsi que l’on peut vivre une maternité forcée. N’être qu’une vie de support, dont l’existence n’est soudainement plus là que pour accueillir la seconde. Oui, nous aussi nous défendons la vie. Nous avons simplement décidé de défendre celle qui, la première à exister, se voit refuser tout droit à disposer de son corps comme elle le souhaite, et devient subordonnée à une autre. Tout n’est qu’une question de priorité, et la nôtre, c’est la femme.

Par ailleurs, nous voulons que les femmes puissent bénéficier d’une contraception libre et gratuite et d’un meilleur accès à l’information. Et ce, afin de prévenir les grossesses non désirées et de pouvoir vivre des relations sexuelles libres, en toute sécurité et sans jugement.

Sous des prétextes économiques, l’État fragilise sans cesse les femmes : en octroyant moins de subventions aux plannings familiaux, en ne créant pas suffisamment de crèches publiques, en ne rendant pas la contraception totalement gratuite, en appliquant toutes ces mesures d’austérité dont les femmes sont les premières victimes et qui empêchent celles qui le désirent de devenir mères.

Il faut cesser de penser ce lien biologique des femmes avec les enfants, ce lien qui leur attribue l’obligation sociale de maternité et ce rôle traditionnelle au sein d’une famille nucléaire et hétérosexuelle. Ce lien qui est motif à nous exploiter tant dans l’espace privé que public.

De même, nous rappelons que l’interdiction du droit à l’avortement ne diminue en rien le nombre d’avortement pratiqués mais qu’il augmente, au contraire, le risque de décès. Toutes les heures, sept femmes meurent d’un avortement non sécuritaire et clandestin. Vous, les « pro-vie », n’êtes pas pro-vie mais vous êtes pour le contrôle du corps de la femme par l’homme.
On ne peut pas penser une société égalitaire, juste et absente d’oppression quel quelle soit sans la libéralisation complète des femmes. Nous voulons pouvoir nous définir par nous mêmes et pour nous mêmes.

Nous toutes et tous, ici rassemblé.e.s aujourd’hui, féministes et pro-féministes, nous militons contre l’exploitation capitalisme et contre l’oppression patriarcale. Nous sommes, ici, pour la liberté des femmes à disposer pleinement de leur corps et de leur vie. Nous sommes pro-choix ! »

01 02 04Pour télécharger le tract: cliquez ici

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Communiqué de presse: Retour aux avortements clandestins en Espagne?

Le gouvernement espagnol s’est aujourd’hui attaqué de plein fouet aux droits des femmes en décidant de limiter l’accessibilité aux Interruptions Volontaires de Grossesse.

Ce projet visant l’annulation de la loi mise en place en 2010 par le gouvernement socialiste et autorisant l’avortement jusqu’à 14 semaines de grossesse (et, en cas de malformation du fœtus, jusqu’à 22 semaines) avait déjà été mis sur la table en 2011 lors de la campagne menée par le chef conservateur M. Rajoy.

Le gouvernement libéral souhaite donc en revenir au système de 1985 lorsque l’IVG était autorisée uniquement dans deux situations bien précises, à savoir en cas de danger pour la vie de la mère ou en cas de viol si la victime a toutefois déposé une plainte auprès de la police avant la demande d’avortement

La limitation du droit à l’avortement ne réduira pas le nombre d’avortements.

La restriction des lois conavortementcernant l’avortement aura sans nul doute pour conséquence de pousser les femmes espagnoles à avorter de manière clandestine ou, pour celles qui en auront les moyens, à se rendre dans des pays voisins comme la France ou l’Angleterre pour pratiquer leur avortement.

N’oublions pas ce qui est arrivé à Savita Halappanavar en Irlande. Cette femme a perdu la vie, l’année dernière, lors d’une complication pendant le curetage. Alors qu’elle faisait une fausse couche, les médecins avaient refusé de pratiquer une IVG immédiatement, sous prétexte que le cœur du fœtus battait encore. Ils ont ainsi attendu que le cœur du fœtus cesse de battre pour procéder au curetage.

En Belgique, alors que nous sommes en ce moment même en train de préparer la manifestation pro-choix, qui se tiendra le 30 mars prochain, pour le droit à l’avortement et à la contraception libres et gratuits, nous ne pouvons pas laisser l’État espagnol porter une telle atteinte au corps et à la vie des femmes sans réagir! Cette réforme nous rappelle qu’aucune lutte n’est jamais définitivement acquise et que, toujours, il faudra continuer à nous battre pour que ces droits, que nous considérons essentiels, ne soient pas entravés.

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Préparons la rentrée!

En ce début d’année académique, les étudiantes s’organisent et la lutte féministe continue. Face à toutes les violences faites aux femmes:  Parlons! Agissons! Sensibilisons! Dénonçons! Résistons!

Les MALFRAP, la Commission Femmes de l’USE, est un espace non mixte, créé par les femmes et pour les femmes sur ton site universitaire.

Pour plus d’informations, les MALFRAP seront aussi présentes à la Jane, ce jeudi 12 septembre, sur le campus de l’ULB. Au plaisir de t’y rencontrer!

Télécharger le tract de rentrée

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5 techniques d’oppression

stopContrer les techniques utilisées contre vous pour limiter votre pouvoir

Berit As, première femme présidente d’un parti politique et professeure à l’université d’Oslo, a étudié le processus d’acquisition du pouvoir. Elle a pris comme point de départ les différences culturelles entre les hommes et les femmes. Elle a examiné de quelle manière la culture masculine opprime la culture féminine. Elle a surtout étudié les méthodes utilisées par les hommes, consciemment ou non, pour assujettir les femmes et les maintenir dans la sujétion.

 Berit As décrit 5 techniques d’oppression :

 1. RENDRE INVISIBLE ou la femme fantôme

2. RENDRE RIDICULE ou la femme idiote

3. RETENIR DES INFORMATIONS ou la femme ahurie

4. CRITIQUER SYSTEMATIQUEMENT ou la femme indigne

5. CULPABILISER ou la femme punie

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Qui sommes-nous ?

320697_10151361037402511_953107874_nNous sommes les MALFRAP (Militantes Actives et Libres pour un Féminisme Révolutionnaire Anti-Patriarcat), la Commission Femmes, non mixte, indépendante et autonome, d’un syndicat étudiant combatif (U.S.E.). Nous nous réunissons régulièrement afin de lutter contre toutes les formes d’oppressions des femmes présentes dans la société, sur le campus ou au sein de l’organisation elle même fortement masculinisée.

La non mixité constitue une stratégie qui a pour but de renforcer le syndicat et non de le diviser. En effet, si le combat contre le machisme concerne tant les hommes que les femmes, il est fondamental de préserver des espaces non mixtes pour garantir la prise de parole et de responsabilités des étudiantes et renforcer ainsi leur confiance en elles.

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1er mai: journée internationale des travailleuses/eurs !

Patriarcat et capitalisme

Le patriarcat a permis à d’attribuer des identités uniques à chaque sexe et des qualités prétendument naturelles. Ainsi, les hommes assument davantage les activités de production qui sont  rémunérées, de l’ordre de la sphère publique et valorisées socialement.

Tandis, que les femmes se sont vues assignées les tâches domestiques, assurant la reproduction de la force de travail, et effectuées gratuitement dans la sphère privée. Celles ci sont dévalorisées ne produisant pas des biens susceptibles d’être échangés, permettant de réaliser des économies sur les dépenses publiques  et évitant une diminution du temps de travail de toute la population.

Do the job he left behind

Accomplir le travail qu’il a laissé derrière lui

Le capitalisme utilise l’argument des qualités naturelles pour gérer l’ensemble de la force de travail à son profit, alimentant et renforçant ainsi le patriarcat. En effet, en période économiquement favorable, les femmes constituent une main d’œuvre sous payée, flexible et exploitable. Ce qui permet de faire pression sur l’ensemble des salaires et de diviser les travailleurs. A l’inverse, elles sont congédiées  partiellement ou totalement dans les foyers, afin de se consacrer à leurs  responsabilités familiales, et constituent une main d’œuvre de réserve en période de crise.

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